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samedi 3 septembre 2011

Un train (de mesure) peut en cacher un autre !



Dans l’incessante ronde des petites annonces de tous ordres qui ont rythmé l’an dernier, le plus préoccupant se cache avec le talent des caméléons qui changent de couleur selon le milieu ! Qu’ils s’agissent des multiples réactions au moindre sursaut de l’actualité au sujet de la violence, de l’illettrisme, de la morale, des statistiques fâcheuses ou non à propos du niveau scolaire et que sais-je encore, des mots s’envolent pour occuper le terrain. Seulement voilà : si les bonnes intentions restent lettre morte, l’aggravation de la situation, elle, est bien réel tandis que derrière les dégradations à grande vitesse et à géométries diverses, se cache sans doute le plus grave. La paupérisation du service public d’éducation, en parallèle avec d’autres d’ailleurs se présente idéalement comme le prétexte ou pour le moins un prétexte qui pourrait bien alimenter dans un contexte social difficile et fébrile une amorce de remise en cause du statut de la fonction publique. En tous les cas, il ne manque pas grand-chose pour préparer les opinions, y compris celles des enseignants, pour pétrir des idées telles que l’excellence par la concurrence, la rémunération par le mérite, la sélection par la qualité, autant de concepts théoriquement nobles et populaires et parfaitement inapplicables à l’Ecole Publique sauf à sombrer dans une privatisation qui déguiserait son nom en vue d’un clientélisme de circonstance. Le SNE met en garde contre toute atteinte au statut de la fonction publique qui mettrait un terme à l’indépendance et à la laïcité des fonctionnaires. L’égalité, la neutralité et la compétence des fonctionnaires, c’est ni plus ni moins ce qui est en train de se jouer ces mois ci et c’est tout un modèle de société qui pourrait être remis en cause. Le SNE n’aura de cesse de dénoncer cette situation et rappelle à ses collègues que les échéances professionnelles électorales d’octobre ne devront pas être prise à la légère tant les enjeux sont capitaux. L’Union pour l’Ecole Républicaine ( UER) est là pour veiller au grain et revendique sans équivoque le maintient du statut de la fonction publique.

Rythmes scolaires : peu de recherches et une bonne dose de mascarade.




Le comité de pilotage de la Conférence Nationale sur les Rythmes Scolaires a remis à Luc Chatel, après plus de trois mois de consultation, le rapport de synthèse visant à dresser un constat ayant pour but d’améliorer les conditions de vie et d’apprentissage des élèves. Et quelle surprise ! Les conclusions, entre mascarades et non dits, ne laissent pas entrevoir de meilleurs lendemains.

La semaine de quatre jours seraient éreintante pour les élèves … Encore une fois, c’est l’enseignement qui est désigné comme source de fatigue. Aucun commentaire, et c’est bien étrange, sur le rythme dévastateur imposé par les familles : entre coucher tardif dû à des veilles devant des émissions violentes et inappropriées à l’âge de l’enfant et activités hors de l’enceinte de l’école génératrices de fatigue, on donne peu de lisibilité à la source véritable de cette surcharge qui induit ce manque d’appétence de l’élève ….et que l’on veut reprocher injustement à l’Ecole ! Sans doute veut-on encore demander à l’école de corriger tous les maux causés par l’évolution de la société. Aurait émergé selon ce comité le constat de journées trop longues et fatigantes…oui, c’es bien exact. Mais ne confondons pas, par omission volontaire, « journées trop longues » et « journées scolaires trop longues». Il est aisé de dégager les parents de leurs responsabilités : l’Ecole s’en charge de par sa capacité d’absorption de problèmes qui lui sont extrinsèques.

Se profilerait également la vision d’un déséquilibre de l’année scolaire et un désir de se diriger vers sept semaines de travail et deux de repos. Qu’à cela ne tienne : c’est applicable au jour près si l’on fait disparaître les départs en vacances par zone. Mais là encore, l’école doit tout solutionner sans porter préjudice au secteur touristique.

4,5 jours  ou 9 demi-journées ? Pourquoi ce flash back alors que l’époque du samedi matin travaillé n’apportait pas de solution ? Qui osera prétendre que cette matinée hebdomadaire était consacrée à l’étude des disciplines que sont le français et les maths et pas aux arts plastiques, EPS et autres prétextes pour faire trainer en douceur jusqu’à 11h30 ? Et supprimer le mercredi matin de repos pour les élèves, afin de couper de façon médiane la semaine, ce n’est pas accroitre la fatigue de l’élève ?

Puisque seule l’Ecole peut résoudre cette équation improbable, pourquoi ne pas être des plus cartésiens pour solutionner simplement ce problème ? Quand on voit que les bases ne sont pas acquises par un nombre croissant d’élèves,  on est en droit de se demander pourquoi ne pas se décider à viser l’essentiel et écarter le superflu? De la même façon que lorsque l’enfant ne sait pas encore marcher, on ne songe pas raisonnablement à lui apprendre à faire du vélo, on devrait se résoudre à ne pas mettre de souris ni de claviers entre les mains d’élèves ne maitrisant pas le bases de la plume et du langage. Il en va de même pour l’apprentissage des langues étrangères qui se veut de plus en plus précoce alors que la langue française est si mal maitrisée par nos élèves.

La solution au questionnement posé par les rythmes scolaires serait donc si simple ? Eluder le remplissage ludico-pédagogique que certains prennent pour un progrès et qui empiète sur les fondamentaux ? Non, ce serait trop aisé, sinon, les têtes pensantes du ministère y auraient déjà songé…. Comme quoi, la Conférence Nationale sur les Rythmes Scolaires, dont le sigle, aléas du destin, est CNRS, n’a pas vocation à la recherche réflexive fondée contrairement à son homonyme.

vendredi 29 avril 2011

1 500 classes supprimées en primaire

Après le déni, l'aveu par le Ministre de l’Education de 1500 classes supprimées en primaire en dit long et bien davantage sur l’importance que revêt l’Education dans la gouvernance actuelle et sur l'ignorance des réalités du terrain.

Le SNE-CSEN a déjà à maintes reprises commenté et dénoncé la politique délétère du gouvernement vis-à-vis de l’enseignement public, même si le privé sous contrat est touché aussi par les saignées de par le calcul automatique légal des répartitions de postes. Une alerte supplémentaire s’il en fallait !

Outre le fait que les mesures de suppressions toucheront en priorité (si on peut dire) de plein fouet les écoles rurales, un des pires aspects pourrait être le gaspillage de moyens restants dans des dispositifs qui ne font que rajouter à l'échec selon le principe bien connu du «faisons toujours plus de ce qui ne marche pas» et simplement destinés à «acheter» un semblant de calme, auprès des chantres du pédagogisme qui sévissent depuis plus de 30 ans.

Le SNE-CSEN ne voit pas d’alternative pour couvrir la catastrophe de la chute du taux d’encadrement dans un contexte déjà surabondamment détérioré. La seule revendication dans ce domaine est claire pour notre syndicat : la restitution des postes supprimés et une analyse «clinique» de la répartition des moyens dans le système éducatif actuel que l'on a détourné de ses missions en le vouant à des tâches sociales et sociétales qui ne sont pas les siennes.

Le SNE-CSEN maintient plus que jamais que l’école doit redevenir un lieu de transmission des savoirs au service de ce qui fut le modèle d’école le plus prisé.

Le SNE-CSEN réaffirme qu’il se joindra à tous les mouvements qui revendiqueront la restitution des postes sacrifiés sans discernement sur l’autel de l’économie.

lundi 25 avril 2011

ATTENTION à LA DATE DE DEPART EN RETRAITE

La nouvelle loi modifie profondément la donne en ce qui concerne les conditions de paiement de la retraite suivant la date de départ choisie.

SITUATION ANTÉRIEURE :
Les collègues partant en cours de mois voyaient leur traitement payé en entier. C'est pourquoi, ils avaient tout intérêt à partir en début de mois. Et lorsqu'ils envisageaient de partir en fin d'année scolaire début septembre pour avoir juillet, août et septembre payés.


A PARTIR DU 1ER JUILLET 2011 :
Le traitement ne sera payé que jusqu'à la date de départ en retraite.
La pension ne commencera que le 1er du mois suivant.

Un collègue partant le 2 septembre ne sera donc payé en septembre que pour 1 jour et il ne percevra rien pour le reste du mois puisque la pension ne prendra effet qu'à partir du 1er octobre et ne sera payée qu'à la fin du mois d'octobre.


QUE FAIRE POUR FAIRE FACE A CETTE NOUVELLE SITUATION ?

Il serait préférable de choisir comme date de départ en retraite le 1er du mois car le dernier jour de travail retenu est celui qui précède le jour choisi pour le départ.
Pour un départ en fin d'année scolaire, il faudrait donc choisir le 1er septembre au lieu du 2.

Les collègues ayant déjà déposé leur dossier pour un départ ayant lieu après le 1er juillet 2011 doivent demander à changer leur date de départ pour la placer un 1er du mois s'ils ont choisi un départ en cours de mois, afin de ne pas être touchés par cette nouvelle mesure.

Deux projets pour un assassinat

Deux projets pèsent sur une réalité bien assombrie par une couverture de réformes irréfléchies et un avenir étouffé par une avalanche de doutes et de malaises tous azimuts.
Le premier concerne les regroupements d’écoles pour créer des structures de grandes tailles, plus adaptées, nous dit-on, aux réalités d’aujourd’hui, et de nature à permettre une gestion plus efficace de l’école dans son fonctionnement au quotidien, comme dans son administration.
Le second se nomme « école du socle », qui ne peut se décrire que comme une mise sous tutelle du collège, d’une école complètement affaiblie et désorientée par les ravages de fond de ces dernières années.
Les deux ont en commun une volonté de faire des économies de moyens de tous ordres et d’en finir avec l’esprit de l'École Républicaine.
Concernant les regroupements d’école,
la menace qui pèse sur les structures les plus petites est patente, alors même que ces établissements de proximité, souvent en zones rurales, sont au cœur de la vie locale.
D’une façon générale, c’est le système de fonctionnement global du Premier Degré qui est remis en cause : alors même qu’il serait indispensable d’offrir à chaque école des moyens d’actions et de décisions par le biais d’une direction forte dotée d’un niveau de responsabilité motivant, c’est le contraire qui est à l’honneur.
Les mesures de regroupement prévues pourraient bien signifier la fin de service de milliers de directeurs de petites ou moyennes écoles et pourquoi pas, à terme, une « loterie » pour ne garder qu’un responsable sur trois ou quatre dans des dimensions administratives parfaitement inadaptées ?
Sur les 57 800 directeurs en place, seuls quelques centaines seraient amenées à subsister !
Concernant l’école du socle,
qu’il s’agisse des personnels du secondaire ou des professeurs des écoles, personne ne s’y est trompé.
L’assimilation d’entités aussi différentes que l’école et le collège ne peut avoir que des conséquences délétères pour l’enseignement public dans son ensemble.
Comme dans le cas des regroupements d’école, c’est la structure administrative, tournée pour son essentiel vers des économies de moyens, qui mettrait à mal un fonctionnement dont il est devenu un lieu commun de dire qu’il est dévasté par des années de pédagogisme et de réformes à la va-vite et à l’emporte pièce.
Les exigences de l’école et du collège n’ont pas grand chose à voir en termes de relations avec les familles, de proximité avec les élèves, de besoins administratifs et pédagogiques.
En outre, dans une telle situation, l’école maternelle pourrait être menacée, sa disparition pourrait faire partie du programme.
La diversité et l’évolution des publics, les pluralités sociales et culturelles ne font que renforcer un besoin d’attributions spécifiques et de fonctionnements les plus divers et les plus adaptés possibles dans un cadrage national.
En prônant l’inverse, c’est une bien grande responsabilité que prendraient les décideurs ou les partisans d’un tel projet, s’il devait voir le jour.
Il serait aussi un recul sans précédent de l’esprit de l’école alors qu’elle doit retrouver sa place dans la société en revenant à ses missions essentielles et en retrouvant son rôle d’ascenseur social.
La raison d’être d’une organisation indépendante et attachée aux valeurs de la République trouve ici une ambition à sa mesure en dénonçant des pistes dangereuses et en tentant de rassembler pour faire échouer ces projets nocifs.
Philippe Charbonnel
Secrétaire général du SNE-CSEN